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Noël en Provence

Etes-vous incollable sur les santons de Provence ?

Etes-vous un "vrai(e)" provençal(e) ? Savez-vous ce qu’est un bouscatié ? Ou en quelle matière sont fabriqués les santons ? Allez ! C’est l’occasion de tester vos connaissances au moment de visiter la foire aux santons !
     
                                                                                    
Pour la petite histoire
Comme le chantaient les Fabulous Troubadors : "Pas de ci pas de ça, sans souci ou sans cela, pas de fumée sans feu, pas d'idée sans être deux"* donc, pas de santons sans leur crèche !

  • La crèche désigne à l'origine une auge, une mangeoire. Ce terme est d'origine francique et signifie, au sens strict, une mangeoire pour les animaux. C'est dans une mangeoire que Jésus aurait été placé à sa naissance. Par extension, la crèche désigne la représentation de l'étable avec les santons qui la peuplent !

Rendez-vous à la foire aux santons pour compléter votre crèche, pour offrir, ou tout simplement pour le plaisir des yeux, à partir du dimanche 20 novembre, jusqu'au 31 décembre sur la Canebière !

  • Complétez vos connaissances et immergez-vous dans la tradition provençale au musée du terroir marseillais !
    5, place des Héros Château-Gombert  Marseille, 13e
    au musée Marcel Carbonel
    49, Rue Neuve Sainte-Catherine, 7e
    Tél. : 04 91 13 61 36
    Entrée libre

* Fabulous Troubadors, titre extrait de l'album : Era Pas De Faire, 1992, label : Independance.


Fabulous, pardon, fabuleux mélange de profane et de religieux, les personnages de la crèche, les santons – de "santoun", signifiant "petit saint" en provençal – ont évolué avec le temps.
  • La scène de la Nativité (l’Enfant Jésus, Saint-Joseph, la Vierge Marie et, devant leur abri, rangés en demi-cercle, les bergers agenouillés) existait avant la Révolution, dans les églises et dans les familles aristocratiques.
    Cet usage se serait enraciné en Provence, puis répandu vers le peuple sous l’influence des couvents franciscains : leurs moines exercèrent dès l’aube du XIIIe, siècle une grande influence auprès du menu peuple. Les personnages étaient alors fabriqués en bois sculpté, verre filé, carton-pâte. Vint la Révolution française : on ferme les églises et on interdit les crèches. Petit à petit, les populations la recréèrent chez eux !
  • C'est le Marseillais Jean-Louis Lagnel (1764-1822) qui invente le "santon à un sou" en perfectionnant la technique du moule (propre aux figurines en cire) et l’adapte à l’argile vers 1797. Pour fabriquer ses personnages, il observe le petit peuple de Marseille et ses métiers : le meunier, les pêcheurs, le rémouleur…
    Le succès est immédiat et ils se répandent en grand nombre à partir du XIXe siècle, devenant les santons traditionnels. Ce qui explique qu’aujourd’hui encore, on les représente dans les vêtements de cette époque.
    La technique est à peu près la même depuis cette époque : argile cuite au soleil ou au four, peinte à la gouache ou à la détrempe.
    Il existe plusieurs tailles de santons, on peut en harmoniser plusieurs dans une même crèche pour donner de la perspective ! Et l’abri, grotte ou étable est planté dans un décor provençal : collines, restanques, oliviers, cyprès, ponts romains.

En tant que représentation de la vie provençale ou marseillaise, les personnages de la crèche évoluent avec le temps…
Petit à petit, les canons des santons évoluent et le tournant décisif est amorcé avec la pastorale Maurel (créée en 1842). Les santons deviennent de véritables personnages de théâtre, s’exprimant en langue provençale. Et l'on peut trouver désormais des santons rejouant la célèbre partie de cartes de Marcel Pagnol ou bien à l’effigie de Fernandel !


Les offrants apportent un présent. Les orants n’apportent rien que leur joie mais ont aussi leur importance.
  • Le joueur de tambourin (lou tambourinaïre) avec son galoubet et son tambourin (orant)
  • Le Ravi (lou Ravi) : un innocent au sens de joie, de ravissement. Il partage de sa joie, c’est tout ce qu’il a à offrir. Représenté debout, ou bien seulement moulé en buste, vêtu de vêtements rapiécés, les deux bras levés vers le ciel, exprimant la surprise et l’allégresse.
  • Les vieux (li viéi) : ils marchent de concert vers la crèche, se tenant par le bras, rivés l’un à l’autre. Ils sont endimanchés et apportent leur offrande dans un panier d’osier.
  • Le meunier (lou mounié) : descend de la colline, derrière lui, son moulin. Vêtu de blanc, bonnet compris, la large taillole (ceinture de laine) rouge de tradition entoure sa taille. Il porte en offrande un sac de farine. Parfois, il est juché sur un âne, le sac posé en travers de sa monture.
  • Les bergers (li pastoun ou bergie) : il existe quatre bergers, ce sont des offrants.
    Sauvaire : le baïle, le chef. Il offre l’agneau de l’année. Vêtu d’une ample cape brune, chapeau de feutre à la main. Giget est debout, suivi de son chien, il porte un agneau tardif, une musette, son chapeau est rejeté en arrière, un foulard de couleur est noué à son cou. Nourat tient un gros mouton et un parapluie. Le dernier et le plus jeune, vêtu de sa houppelande de drap marron, joue de la flûte.
  • Le rémouleur (l’amoulaire) : l’aiguiseur de couteaux et outils tranchants, allant de village en village proposer ses services. Il arbore un large feutre noir et un tablier de cuir.
  • Le pêcheur (lou pescaire) : bonnet rouge sur la tête, debout, la canne tendue devant lui, il symbolise la pêche de rivière. Il porte en bandoulière le panier pour ses prises et la musette contenant son casse-croûte et ses appâts. On le place sur le pont enjambant le torrent ou la berge.
  • Le pêcheur de bord de mer est lou pescadou : il porte aussi un bonnet rouge incliné, il est vêtu de bleu et sa vareuse s’ouvre sur un tricot rayé. Il porte un panier d'osier (le banston) plein de poissons et un filet à l’épaule.
  • Le chasseur (lou cassaire) : il porte son fusil, la crosse en bas. Un carnier plein de gibier pend à son côté, il est vêtu d’une veste et d’un pantalon de drap avec des guêtres pour courir la garrigue.
  • La fileuse (la filarello) : vêtue d’un ample chapeau de paille, tient à la main le fuseau enrobé de laine.
  • Le bûcheron (lou bouscatié) : en bras de chemise, la serpe glissée dans son ceinturon de cuir, ploie sous le lourd chargement de bois. Il arrive de la forêt.
  • La lavandière (la bugadiero) : cette humble femme du village est représentée agenouillée ou debout avec les attributs de son travail, battoir et panier à linge. Elle est vêtue simplement, avec un gros tablier et un bonnet retient ses cheveux.

La poissonnière (la peissouniero) : femme haute en couleurs, mains sur les hanches, elle porte un ou deux paniers pleins de poissons.

La table de Noël se prépare à recevoir le blé et les treize desserts !

Tout commence au début du mois de décembre ! Vous voilà prêts à acheter vaillament le blé, à le planter (mais où est le coton ?) à l'arroser (attention, c'est trop mouillé !) et à essayer de faire patienter les enfants jusqu'au 24 décembre.
Mais, au fait, que signifie ce blé ? Et ces fameux treize desserts ? Et pourquoi treize, d'ailleurs ? Et la Pastorale, c'est QUOI ?! Pas de panique, vous saurez quoi répondre aux enfants - aux amis de passage - à votre belle-mère (ne rayez rien !) en lisant ci-dessous !

Le 4 décembre commencent les fêtes calendales ! Ce jour-là, dans chaque famille, on sème dans trois petites coupelles, symbole de fécondité, de fertilité et de fraternité), tapissées de coton imbibé d'eau, du blé ou des lentilles.
Ce blé exposé va germer et donner naissance à une touffe de verdure. Lorsqu'elle aura atteint une belle taille, on l'entoure d'un ruban jaune et rouge aux couleurs de la Provence et on l'installera sur la table du gros souper, près de la crèche. Les pointes germées seront coupées et déposées en offrande au pied de l'enfant Jésus.
On dit en Provence : " Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn " ce qui signifie "Quand le blé va bien, tout vient" !

La tradition des treize desserts, éminemment provençale, n'est pas si ancienne que cela puisqu'elle débute en 1930. Elle vient compléter celle du "gros souper" (la veille de Noël) qui est, elle, antérieure. Ils représentent le Christ et les apôtres et sont posés sur trois nappes distinctes, symbolisant la Trinité.
On y trouve des incontournables :

  • les quatre mendiants : figues sèches, raisins secs, amandes et noix ou noisettes. Ils représentant les quatre ordres de religieux mendiants d'après la couleur de leur habit (Franciscains, Augustins, Dominicains et Carmes).
  • les deux nougats, le noir et le blanc.
  • la pompe à l'huile (ou gibassié ou fougasse) et le vin cuit.
    Les autres desserts varient en fonction des régions de Provence : fruits frais de saison (pommes, poires, oranges, mandarines, melon vert, raisin blanc...), fruits séchés (pruneaux, figues...), fruits confits, pâtes de coing, etc...
    Le "gros souper", qui devait être "maigre", était interrompu pour aller à la messe de Noël. On rentrait ensuite et, comme l'on pouvait alors manger "gras", on se régalait des treize desserts. Selon la tradition encore, les treize desserts restent trois jours sur la table.

Elle est jouée à Marseille depuis plus de 100 ans au moment des fêtes de fin d'année. La saison des pastorales commence bientôt, profitez-en !

  • ­­­Kézako ?

Dans la tradition provençale, la Pastorale est une pièce de la Nativité parlée et chantée au moment de Noël.
Le terme, "lei pastre" (les bergers) désigne les bergers qui en sont les principaux personnages. Véritables mystères, au sens du théâtre médiéval, elles étaient d’abord jouées dans l'église même, faisant partie du rituel de la messe. La cérémonie fut ensuite reproduite à l'extérieur.

  • Quand ?

La Pastorale est jouée entre le 26 décembre et le 2 février. Elle  relate la naissance de Jésus en Provence. On y trouve donc des scènes inspirées de la Bible mêlées à une galerie de portraits de villageois provençaux.
Elle intègre ainsi naturellement les personnages de la crèche provençale, dont elle complète l'évocation. Les comédiens de la pastorale sont généralement des amateurs, qui abandonnent pour un temps leurs activités pour revêtir les costumes traditionnels plus provençaux.

  • Une tradition vivante

A Marseille, deux pastorales sont présentées depuis la fin du XIXe siècle. La pastorale Maurel (1844) tire son nom de son auteur, Antoine Maurel.
Ce fils d’ouvrier du quartier de Saint-Jean, était miroiteur et doreur. Membre du Cercle Catholique des ouvriers, dirigé par l’abbé Julien, il écrit à la demande de ce dernier Le Mystère de la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ en 1842. De simples saynètes sur le thème de la Nativité, la Pastorale acquiert ses lettres de noblesse, pour devenir sous la plume de Maurel, une oeuvre en vers provençaux. Jouée pour la première fois, le soir de Noël 1842, dans une salle de la rue Nau, elle rencontre un si vif succès que le spectacle ne tarde pas à être joué sur toutes les scènes marseillaises et régionales. Elle a servi de modèle à plusieurs autres pastorales, disparues depuis. Le groupe artistique La Palud joue toujours la pastorale Maurel, accompagné de sa formation orchestrale.
La Pastorale Audibert a été créée en 1896 à Marseille sous le titre La naissance du Christ (par Jean-François Audibert). Elle est interprétée entièrement en français avec des chants traditionnels de Provence.

 

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